Actualités

Le cinéma à l’heure de la transformation numérique : tour d’horizon 2024

Par Maxime
5 minutes

Mutation profonde des salles obscures et du 7e art


À l’ère du streaming, de l’intelligence artificielle et des expériences immersives, le cinéma français et international traverse une période de bouleversements inédits. Des modes de production à la diffusion en passant par l’expérience spectateur, chaque maillon de la chaîne connaît aujourd’hui une accélération numérique qui redéfinit autant les enjeux économiques que les rapports entre artistes, spectateurs et plateformes. Coup de projecteur sur une révolution silencieuse, mais déjà incontournable pour tous les amoureux du grand écran.

Des écrans multiples et omniprésents : quand le cinéma s’invite partout


L’image projetée en salle, longtemps synonyme de magie collective, doit aujourd’hui composer avec la multiplication des supports. Téléviseurs intelligents, smartphones, tablettes et dispositifs de réalité virtuelle ouvrent de nouveaux horizons, mais posent aussi la question de la fragmentation de l’expérience cinématographique.

Le streaming, emmené par des géants comme Netflix, Disney+, Prime Video ou Salto, a consolidé ses positions en 2024, amplifiant un phénomène déjà accéléré par les confinements successifs. Selon le CNC, plus de 60 % des Français déclarent avoir regardé au moins un film via une plateforme numérique le mois dernier, signe d’une transformation profonde, mais aussi d’un accès facilité à une bibliothèque cinématographique mondiale.

L’expérience salle face au défi du numérique


Les exploitants de salles, en France comme ailleurs, repensent leur offre : séances évènementielles, projections en réalité augmentée ou VR, événements e-sport et conférences exclusives prolongent l’expérience au-delà du film traditionnel. De plus en plus de cinémas proposent la réservation, le placement, et parfois même l’achat de pop-corn via des applications mobiles, transformant la sortie cinéma en expérience connectée et « personnalisée ».

Production : entre intelligence artificielle, innovations de tournage et nouveaux talents


Les outils numériques bouleversent aussi l’amont de la création. Si les effets spéciaux sont depuis longtemps le terrain de jeu privilégié du numérique, 2024 marque un tournant : scénarisation appuyée par des intelligences artificielles, prévisualisation 3D en temps réel grâce aux moteurs de jeu vidéo (Unreal Engine, Unity), et démocratisation des studios virtuels (LED walls, « volumes ») même sur des productions de taille modeste.

Côté formation et découvertes, les réseaux sociaux et plateformes spécialisées permettent à de nouveaux cinéastes d’émerger rapidement, à l’image des révélations issues de TikTok ou YouTube, parfois repérées par des distributeurs majeurs. Les festivals de courts métrages « online » fleurissent, offrant des vitrines inédites aux films indépendants et expérimentaux.

Quand l’IA réinvente les métiers du cinéma


La postproduction s’automatise à grande vitesse : étalonnage automatique, générateurs de bruitages, montage prédictif et algorithmes capables de restaurer, coloriser ou doubler des films anciens chamboulent les fonctions traditionnelles.

Néanmoins, ces avancées suscitent aussi débats et craintes dans la profession. À l’instar du mouvement des scénaristes américains en 2023-2024, de nombreuses voix s’élèvent pour défendre la créativité humaine et la juste rémunération des œuvres et des métiers du cinéma face à la montée des solutions automatisées.

Économie du cinéma : vers de nouveaux modèles


La chronologie des médias, longtemps protectrice pour la filière française, continue d’évoluer sous la pression des habitudes numériques. De plus en plus de films sont disponibles en streaming quelques semaines après leur sortie en salle. Certaines plateformes co-produisent même des œuvres, brouillant les frontières entre diffusion directe et exploitation traditionnelle.

En parallèle, les producteurs expérimentent de nouveaux modes de financement participatif, d’incitations fiscales pour la postproduction numérique ou de « NFT cinématographiques » afin d’impliquer davantage le public dans la vie économique du septième art.

Soutiens publics et initiatives hybrides


Les institutions publiques s’adaptent. Le CNC multiplie les appels à projets pour accompagner la création immersive, la restauration numérique et la préservation des catalogues. Les appels à l’innovation sont ouverts aux jeunes start-up capables d’introduire réalité augmentée, outils de sous-titrage automatiques, accessibilité universelle ou intelligence artificielle au service de la créativité.

Expérience spectateur : la salle, mais pas seulement


Le numérique ne vise pas uniquement à « concurrencer » la salle : il renforce aussi l’engagement des spectateurs. Applications compagnon, quiz interactifs pendant les projections spéciales, diffusion en direct de tournages ou de rencontres avec équipes et réalisateurs créent de nouvelles communautés sociales autour des œuvres.

Loin de remplacer la salle, ces dispositifs affirment la complémentarité des temps et des espaces de la consommation cinématographique. Le spectateur d’aujourd’hui convoque la même soirée un film sur grand écran, des courts métrages sur smartphone et un débat en direct sur Twitch : un imaginaire éclaté, mais toujours avide de récits et de partage.

Accessibilité et diversité : des progrès inédits


La transformation numérique du cinéma offre aussi des avancées concrètes sur l’accessibilité : audiodescription générée en temps réel, sous-titrage automatique amélioré, choix de versions linguistiques élargis et dispositifs d’accessibilité sensorielle en salle (vibrations, lumière adaptée). Les œuvres peuvent enfin toucher un public beaucoup plus large, y compris dans des zones blanches où l’offre en salle reste limitée.

En matière de représentation, l’algorithme n’est pas neutre et pose encore mille questions. Pourtant, le numérique permet une diffusion accrue de films minoritaires, de créations issues de la diversité ou d’œuvres de répertoires méconnus. Les festivals en ligne consacrés au cinéma afroféministe, queer, ou aux cinémas du Sud global connaissent un succès grandissant en 2024, depuis Paris jusqu’aux campagnes les moins desservies.

Focus : regards sur quelques tendances marquantes en 2024


  • La réalité augmentée et la VR : Les séances en réalité virtuelle continuent à gagner en qualité. Des festivals comme Cannes XR ou le Paris Virtual Film Festival proposent des selects pointus où le spectateur devient partie prenante du récit.
  • Le « cinéma social » : Groupes de discussion, réseaux sociaux, et applications communautaires prolongent la séance et stimulent le débat. Les clubs en ligne remplacent parfois les ciné-clubs traditionnels, permettant des interactions transfrontalières immédiates.
  • La remastérisation et l’archivage numérique : Les grands studios, mais aussi de petites associations, mettent à profit l’IA pour restaurer des films abîmés ou oubliés, ouvrant de nouvelles perspectives pour le patrimoine mondial.
  • Le cinéma responsable : Les outils numériques servent aussi à réduire l’impact carbone des tournages, limiter les déplacements, optimiser les décors et mutualiser les ressources.

Conseils pratiques pour spectateurs curieux


  • Alternez projections en salle et visionnage en ligne pour soutenir la diversité des offres.
  • Explorez les catalogues des plateformes partenaires de cinémathèques nationales ou régionales, souvent riches en raretés.
  • Profitez des dispositifs d’accessibilité et de médiation disponibles – ils sont en pleine expansion.
  • Rejoignez des communautés, clubs ou groupes de discussion pour croiser les regards et affiner vos choix de films.
  • Osez les festivals en ligne, généralement gratuits ou à petit prix, qui vous donneront accès à une programmation différente des circuits classiques.

Bilan : entre audace, enjeux éthiques et nouvelle cinéphilie


Le cinéma n’est plus statique, ni cantonné à la seule salle obscure. Outil d’expression universel et réservoir inépuisable de récits, il se réinvente sans cesse à l’heure du numérique. Loin d’un affrontement, la convergence des savoir-faire invite à repenser la relation au film, désormais accessible partout, pour tous, et sous d’innombrables formes.

Reste, pour chaque spectateur et acteur du secteur, à s’approprier ces transformations, à soutenir un cinéma authentique et exigeant, et à défendre la place de la création humaine.

Sur amourauquotidien.fr, nous continuons de valoriser cette richesse et cette diversité : tutoriels sur les nouveautés technologiques, guides pour mieux choisir ses plateformes, interviews de réalisateurs, conseils pour une cinéphilie engagée et astuces pour toutes et tous. Et vous, comment vivez-vous cette mutation du 7e art ? Partagez vos coups de cœur, astuces et questions sur notre espace Communauté et ensemble, faisons vivre le cinéma au quotidien, dans sa version la plus ouverte et accessible.

Articles à lire aussi
amourauquotidien.fr